Press "Enter" to skip to content

Atelier d’échange sur la révision de Quelques dispositions de la constitution

rl 0

Atelier d’échanges sur la Révision de certaines dispositions de la Constitution du Burundi.

Du 19 au 20 décembre 2013, s’est tenu, au Palais de l’Assemblée Nationale à Kigobe, Bujumbura, un Atelier d’échanges sur la Révision de certaines dispositions de la Constitution du Burundi.

 

Depuis la transmission à l’Assemblée Nationale du Projet de Révision de la Constitution par le Gouvernement, des voix se sont élevées pour réclamer son retour aux fins de permettre aux uns et aux autres d’apporter leur contribution à ce projet. Parmi ces voix, une se distinguait particulièrement, celle de l’ADC-IKIBIRI, qui menaçait d’entamer des manifestations de rue. Cette voix était amplifiée par celle de quelques associations de la Société civile.

 

Le Projet de manifestations de rue a soulevé un tollé général dans la population. En effet, ce genre de démonstration a déjà été l’occasion d’un dérapage dramatique notamment en se transformant  en tueries ethniques perpétrées par des groupes de milices à la solde de partis politiques. Ainsi, proposer un tel projet ravive inévitablement ce souvenir macabre et les burundais y sont totalement opposés. Logiquement, de multiples associations de la société civile se sont levées pour le dénoncer.

Aussi, ce projet  de manifestations a été abandonné ; officiellement pour honorer la mémoire de Feu le Président Nelson MANDELA, Médiateur dans le conflit burundais ouvert avec l’assassinat de feu le Président NDADAYE et principal architecte de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Burundi signé en Août 2000 ; mais sûrement aussi pour tenir compte de la désapprobation populaire vis-à-vis de cette initiative.

Il est opportun de rappeler ici que tous les politiciens burundais se réclament partisans de l’Accord d’Arusha.  C’est le lieu donc, comme l’ACOPA-BURUNDI avait déjà eu à le faire, au nom d’une partie de la société civile, à la clôture de l’Atelier de Kigobe, de leur rappeler ce qui est expressément écrit dans le Protocole II, article I, alinéa 2 ; et dans le Protocole III, article I alinéa 5 : « que les Burundais ont droit à la paix et à la sécurité ; que tous les Burundais ont l’obligation de respecter la paix et la sécurité de leurs concitoyens ainsi que l’ordre public ». Les Burundais, avions ainsi le devoir d’exprimer,  de façon claire, notre désaccord vis-à-vis de toute démarche qui viendrait remettre en cause notre droit à la Paix et à la sécurité ; ce que nous avons fait et que nous sommes prêts à rééditer si besoin était.

L’Atelier a donc réuni différentes catégories de groupes et de personnes : les chefs des partis politiques, les associations de la Société civile, les confessions religieuses, les membres du Parlement. Pendant deux jours, ces personnes ont échangé et un certain consensus s’est dégagé par rapport à la modification des dispositions qui ont trait à l’actualisation du Code électoral et à l’harmonisation avec les autres pays de la Communauté Est africaine.

Peut-on dire que cet atelier était nécessaire ?

A notre point de vue, oui. En effet, il est dans les prérogatives du Parlement de consulter de façon large, avant d’étudier un projet de réglementation aux fins de s’assurer d’avoir suffisamment maitrisé tous les contours d’une question donnée. Pour le cas précis, certains groupes avaient manifesté leur intérêt à contribuer, et il est donc normal qu’il en fut ainsi. Ce qu’il faut remarquer et que l’ACOPA-BURUNDI approuve sans réserve, c’est que la Loi Fondamentale a été respectée dans ses dispositions notamment dans ses articles 297 et 298 car, c’est le respect de la loi qui fait la différence entre la démocratie et les autres systèmes. Dans notre pays, nous soutenons que cela puisse s’ancrer dans les faits et dans les mentalités pour que le Burundi ne fasse plus partie des « Républiques bananières ». Certains avaient réclamé que le Projet de Loi emprunte d’autres voies, non conformes à la Constitution. Si cela avait été le cas, cela aurait pu constituer un précédent fâcheux de violation de notre Loi fondamentale, le Parlement l’a vite compris et n’a pas cédé aux conseils de certains prétendus experts.

atel 4Aux politiques qui voudraient arriver au pouvoir, l’ACOPA-BURUNDI leur conseille d’élaborer des projets de société et des programmes qui puissent susciter l’adhésion de nos compatriotes et ne pas se contenter de surfer sur la vague trompeuse d’un mécontentement hypothétique que certains tentent d’inoculer par une approche de manipulation. Après tant d’années de discours mielleux, qui n’ont d’ailleurs pas empêché le pays de sombrer périodiquement dans l’horreur, les Burundais ont déjà compris que seuls les actes sont crédibles.

L’ACOPA-BURUNDI encourage notre Représentation nationale à continuer d’aider les Burundais à privilégier la voie de la concertation et du dialogue. Les résultats de l’Atelier d’échanges (voir photo) seront certainement versés dans les contributions qui ont été déjà faites et aideront à mieux aborder la révision de la Constitution en cours.

Cependant, il ne serait pas superflu de donner un point de vue sur un débat qui semble tenir d’une pure désinformation. A Kigobe, il n’était pas question de négociations, donc personne n’attendait un accord quelconque. Des échanges ont eu lieu, les uns et les autres se sont exprimés et maintenant c’est au tour de notre Représentation nationale de faire son devoir qui n’est autre que de légiférer. Nous avions, lorsque la Société civile citoyenne dont l’ACOPA-BURUNDI est membre, avait publié son point de vue sur la mise en place de la Commission Vérité-Réconciliation, attiré l’attention de la dite Représentation nationale sur les manœuvres en cours pour la décrédibiliser. C’est encore une fois l’occasion de lui faire remarquer que tous les propos tenus ces derniers temps, vont dans le même sens. Nous l’exhortons à ne pas se laisser distraire ; car, le peuple burundais attend d’avoir une Loi fondamentale révisé qui tient compte des aspirations de tous et non de quelques groupes d’intérêt. Nous en profitons pour lui rappeler qu’elle est redevable devant ce peuple qui l’a mandatée.

Oui au dialogue et à la concertation, aujourd’hui et toujours

Oui au respect de la Loi

 

Leave a Reply

%d bloggers like this: