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Lettre de la SOCIC au Secrétaire Général des Nations Unies

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Voici la lettre que la Société civile citoyenne (SOCIC) a envoyé au Secrétaire Général des Nations Unies ( le 23/04/2015 )

 

 

Société Civile citoyenne (SOCIC) Bujumbura, le 23/04/2015

 

Transmis copie pour information à :

 

– Son Excellence Monsieur le Président de la République, avec les Assurances de notre plus Haute considération ;

 

– Son Excellence Monsieur le Premier Vice-Président de la République, avec les Assurances de notre Très Haute considération ;

 

– Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de la République, avec les Assurances de notre Très Haute considération.

 

 

A Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies

à

New York

Réf : SOCIC/COORD/09/2015

 

Objet : Appel d’urgence pour prévenir une dégénérescence

de la situation politique

 

Excellence,

 

Nous organisations, membres de la Société civile citoyenne (SOCIC), dont l’un des objectifs majeurs est la consolidation de la paix dans notre pays, avons l’insigne honneur de nous

 

adresser à votre haute autorité pour solliciter votre intervention aux fins de prévenir la dégénérescence de la situation politique et les dérapages violents qui pourraient survenir du fait de la non observation de dispositions pertinentes de l’Accord d’Arusha.

 

En effet, la question centrale, qui ressort des débats politiques actuels est celle de la candidature du Président de la République au prochain mandat. Nous avons assisté la semaine dernière à des manifestations de partis politiques qui affirmaient protester contre cette candidature, et certaines organisations de la société civile ont déjà averti qu’ils lanceraient leurs membres dans les rues si jamais cette candidature était annoncée. A entendre le discours de ceux qui sont proches du parti au pouvoir, Il n’est pas exclu que cette candidature puisse être retenue. Nous sommes donc en face de deux positions tranchées, difficilement conciliables et toutes les deux se réclament dans la légalité et la légitimité vis-à-vis des textes qui régissent notre pays dont l’Accord d’Arusha, la Constitution et le Code électoral.

 

Le débat n’est pas actuellement au niveau de la Constitution ou du Code électoral mais bien au niveau de l’interprétation de l’Accord d’Arusha. Les uns et les autres s’en prévalent, c’est pourquoi, nous l’avons nous-mêmes consulté pour voir s’il n’y aurait pas de mécanisme prévu, approprié à la situation actuelle. Nous avons effectivement trouvé que l’Accord d’Arusha a confié au Sénat le contrôle de l’application de tout le protocole II à travers les dispositions reprises dans cet accord. En effet, dans ce Protocole II, le chapitre I, l’article 6, l’alinéa 16 qui traitent des fonctions du Sénat, le point (f) précise que le Sénat est chargé de « contrôler l’application du présent protocole ». Or c’est ce même protocole II qui donne les orientations sur toutes les questions relatives à la démocratie et à la bonne gouvernance. Le point litigieux sur le mandat présidentiel figure aussi dans ce même protocole à l’article 7, alinéa 3.

 

Notre proposition est que les protagonistes puissent comprendre que la meilleure voie d’arriver à l’entente est de privilégier le mécanisme prévu dans l’Accord en question et non pas chercher les réponses chacun selon son bon vouloir. Le Sénat est une Institution qui existe et qui est fonctionnel dans notre pays. Si les signataires de l’Accord ont jugé bon de lui confier ce rôle de contrôle, toutes les parties devraient accepter de soumettre leurs doléances au Sénat pour qu’une solution soit trouvée.

 

Nous avons décidé d’agir maintenant parce que nous redoutons que les manifestations projetées par certains ne dégénèrent dans des violences comme par le passé où des vies humaines ont été régulièrement emportées comme si des tueries devaient toujours accompagner les manifestations. Les Burundais refusent d’être encore une fois sacrifiés sur l’autel de l’ambition de certains groupes ou personnes qui ont fait de la manipulationde l’opinion leur stratégie favorite. Le constat est que des citoyens, apeurés par les propos qui tiennent plus de la rumeur et de la désinformation de certains médias que de faits concrets, ont commencé à fuir le pays. Si des manifestations advenaient pour s’ajouter à ces rumeurs, elles alimenteraient encore plus cette peur et ses conséquences, avec en plus le risque de violences déjà évoquées.

 

La Communauté internationale a été aux premiers rangs pour aider à trouver l’Accord d’Arusha et à apporter ainsi l’apaisement dans le pays, les Burundais s’en sont réjouis et voudraient qu’elle manifeste encore une fois sa solidarité par son implication dans le respect de l’Accord en invitant les parties à s’y conformer. Nous sommes sûrs que si l’ONU, les pays de la sous-région et les autres partenaires du Burundi prennent conscience de l’urgence de la situation et agissent en conséquence, il n’y a aucun doute que la paix et la démocratie seront sauvegardées si le débat politique reste confinée à son espace.

 

Veuillez agréer, Excellence, l’expression de notre haute considération.

 

Pour la Société civile citoyenne (SOCIC), le Comité de pilotage

 

Se/Dr Pierre Claver KAZIHISE, Se/Hamza Venant BURIKUKIYE, Se/Aimé Pascal NDUWIMANA

 

 

Copie pour information :

– Monsieur le Ministre des Relations Extérieures et de la coopération

– Monsieur l’Envoyé Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies

– Monsieur le Représentant de l’Union Africaine

– Monsieur le Représentant de l’Union Européenne

– Madame/Monsieur l’Ambassadeur

– Monsieur le Secrétaire Général de la CIRGL

– Monsieur le Représentant du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme

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