Press "Enter" to skip to content

7 janvier 2015 – CONFERENCE DE PRESSE – La violence dans notre pays : Les Burundais doivent dire NON

rl 0

Depuis le 30 décembre, alors que la population s’apprêtait à fêter le nouvel An 2015, nous avons appris par les média qu’un groupe lourdement armé, venant du Congo, a envahi notre pays.

Les membres de l’ACOPA-BURUNDI habitant cette région nous ont contactés pour nous confirmer cela. Ils nous ont parlé de personnes portant des uniformes militaires burundais et congolais ainsi que d’autres en habits civils et nous précisaient que les habitants cherchaient à se mettre à l’abri.

Avant-hier, nous sommes partis écouter le bilan des affrontements. Et nous avons pu voir, de nos yeux, les prisonniers arrêtés sur le champ de bataille, des jeunes.

 

Même si c’est ainsi, il est évident qu’il y a un responsable avec un arsenal de guerre aussi sophistiqué. Nous sommes donc en droit de lui rappeler  qu’il a violé un droit fondamental des Burundais. En effet, dans l’Accord d’Arusha, dans son protocole II, article I qui traite des valeurs fondamentales, l’alinéa 2 déclare un droit important pour la population à savoir que « Tous les burundais ont le droit de vivre au Burundi dans la paix et dans la sécurité ». Le Protocole III rappelle et renforce cette valeur dans son article I, alinéa I : « Tous les citoyens burundais sans distinction ont le droit à la paix et à la sécurité ». L’alinéa V relève que « Tous les citoyens burundais ont l’obligation de respecter le droit à la paix et à la sécurité de leurs concitoyens ainsi que l’ordre public ».  Nous exigeons d’être respectés dans notre droit.

Ici, nous demandons aux services habilités de mener les investigations nécessaires, à partir notamment des écrits dont nous avons entendu parler,  et dire  à la population celui qui a pris sur lui la lourde responsabilité d’envoyer des jeunes gens à l’abattoir et de perturber la paix.  Le Burundi attend la vérité sur cela.

Ce sont des jeunes qui ont été utilisés

Nous avons vu les jeunes arrêtés lors des combats, leur âge peut être estimé entre 18 et 25 ans. Il n’y a aucun doute que ce sont des jeunes qui ont été manipulés encore une fois. Pourtant des appels sont lancés régulièrement pour mettre en garde cette frange de population qui peut être facilement trompée. Les jeunes sont les plus vulnérables quant on leur fait miroiter des promesses et ils sont des victimes tout désignées lors d’un épisode tel que celui-ci.  Que faut-il faire pour arrêter un tel phénomène ?

Nous en appelons à la responsabilité de tous pour qu’une action d’éducation et de sensibilisation intensive soit menée à leur intention. Cela est possible en passant par l’école, les lieux de culte, lieux de rassemblement divers, les média et en faisant intervenir des acteurs variés. Nous ne pouvons plus nous contenter des seuls messages occasionnels.

Les jeunes eux-mêmes doivent savoir écouter et appliquer les conseils qui leur sont donnés. Il n’est pas mauvais de ne pas savoir ; mais il est dommage de ne pas chercher à savoir.

A ceux qui entraînent ces jeunes dans ces tragiques aventures, ils doivent savoir qu’ils vont en répondre.

A tous, nous vous invitons à lutter contre la manipulation qui est devenue un fléau social. Cette manipulation utilise le mensogne le plus éhonté, la rumeur la plus abjecte, les montages les plus grossiers, le dénigrement tout azimut, le recours aux clichés désuets, la victimisation,  dans le but de ternir le plus possible l’image de l’autre. Entre Burundais, cette approche est de mieux en mieux connue puisque nous la vivons depuis toujours ; mais elle émeut encore au plus haut point nos amis étrangers peu habitués à ce style social peu commun. C’est encore une fois donc une occasion de les inviter à se soustraire de la ghettoïsation au risque de vivre un monde onirique et cauchemardesque inventé et entretenu pour eux dans le but de les associer dans de sombres desseins. Nous n’arrêterons pas de dire que l’information crédible est celle qui peut se dire publiquement et qui peut faire face à la contradiction.

 Au vu de son timing, l’attaque est en relation avec les élections prochaines.

Nous avons déjà rappelé ce qui est écrit dans l’Accord d’arusha concernant le droit à la paix. Plus loin, dans le même accord, il est question de la gouvernance consensuellement adopté par les burundais, nous allons parler de la gouvernance démocratique avec l’existence de plusieurs partis politiques, des élections régulières à différents niveaux. S’il s’agit d’une tentative de remise en cause de la gouvernance démocratique, notre analyse est simple, les burundais ne sont pas prêts à accepter la remise en cause de la gouvernance démocratique.

Nous félicitons nos forces qui ont pu contenir l’invasion et déplorons le décès de certains de ses éléments. Ils sont tombés sur le champ d’honneur, le pays doit leur en être reconnaissant. Nous sommes donc fiers d’avoir des forces républicaines et professionnelles. Il y a des tentatives pour les diviser, les démoraliser, tentatives orchestrées par ceux qui sont jaloux de leur efficacité et leur discipline ; nous leur disons que le peuple burundais est fier d’eux, de même que les peuples somaliens, centrafricains, ivoiriens, haïtiens  et d’autres  et les encourageons à aller toujours de l’avant et continuer à porter haut l’image du pays.

 

Conclusion :

Nous condamnons avec la dernière énergie l’attaque perpétrée contre notre pays ; nous condamnons l’utilisation des jeunes par ceux qui cherchent à assouvir leurs ambitions ; nous déplorons les morts que l’attaque a faites et invitons l’autorité à faire la lumière pour que les responsables soient traduits en justice et punis pour leurs forfaits.

 

Nous appelons les burundais à être solidaires autour de leur droit à la paix et à la sécurité ainsi que la sauvegarde de la gouvernance démocratique. Ensemble nous devons dire non à la violence sous toutes ses formes.

Nous proposons au Gouvernement d’instaurer une Journée nationale dédiée à la paix pour que chaque année, l’occasion soit offerte, surtout aux jeunes générations, de se remémorer le long chemin emprunté pour arriver à la paix et à la gouvernance démocratique, méditer et comprendre pourquoi nous devons les préserver. Cette journée pourrait être aussi une occasion de reconnaissance pour tous ceux qui oeuvrent pour la paix dans notre pays. Nous sommes convaincus que cela contribuerait à la consolidation de la paix dans notre pays.

 

 

 

Je vous remercie

Leave a Reply

%d bloggers like this: